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Travailler sa vitesse

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Travailler sa vitesse est quelque chose qui se fait de manière régulière pour être efficace.

Il faut être conscient qu’un guitariste virtuose et très rapide, que l’on peut voir jouer sur scène avec une certaine aisance, pourrait nous donner l’impression que ce résultat semble facile à atteindre mais on ne soupçonne pas forcément tout le travail que ce résultat implique.

Cela demande des heures de travail par jour et de manière régulière.

Si ce guitariste ne pratiquait pas pendant un moment, cela lui prendrait un peu de temps pour retrouver sa vitesse. 

Bien sûr, tout dépend du niveau que toi tu souhaites atteindre !

On trouve généralement beaucoup de vitesse chez les shredders (guitaristes qui mettent l'accent sur la vitesse et la difficulté technique de l'exécution) dans les musiques de type métal ou apparentées métal, ou encore dans des parties solos sur certains morceaux.

Parmi les shredders on trouve des guitaristes comme : 

  • John Petrucci (Dream Theater)

  • Steve Vai

  • Yngwie Malmsteen

  • Zakk Wylde

  • Joe Satriani

Avant de se pencher sur le travail de la vitesse proprement dite, il est primordial d’avoir travaillé en amont sa dextérité et sa coordination, car c’est bien ce qui te permettra d’atteindre une certaine vitesse dans l’exécution de certains plans sur le manche.

Dans cet article, nous évoquerons plutôt la vitesse lors de l’exécution de plans mélodiques et non la vitesse d’enchaînement des accords (sujet pour lequel je t’invite à consulter plutôt cet article).

Comment t'y prendre ?

Pour travailler la vitesse, il va falloir respecter les points suivants :

Démarre progressivement sans objectif de vitesse pour le moment.

En commençant à travailler avec une note par temps, ensuite, 2 notes par temps, puis 3 notes par temps (en triolets donc), puis avec 4 notes par temps (en double-croches).

Décompose les mouvements et conscientise ces mouvements.

L’alternance des allers-retours doit être régulière au médiator.

La vitesse vient naturellement si on arrive à rester souple et détendu.

Mais nous allons voir tout ceci plus en détails juste après !

Le piège de la vitesse


La vitesse nous fait rêver, on l’admire, on l’envie.

Pourtant, même si c’est contre intuitif, pour la développer, il faut se forcer à l’éviter.

Il y a 2 grands points importants à retenir pour parvenir à notre objectif :

  • La vitesse est votre ennemie
  • Pour jouer vite, il faut être détendu

Pour apprendre à jouer vite, il faut apprendre à jouer lentement !

Or, lorsqu’on est débutant, on a envie d’aller vite, d’apprendre vite, de jouer comme sur le disque, comme dans la musique.

On veut tout, tout de suite.

Évidemment avec le temps, on se rend compte (parfois très tard) que ce n’est pas comme ça que ça marche.

C’est cette envie qui nous pousse à accélérer, nous tendre, commettre des erreurs et finalement prendre de mauvaises habitudes qui bloquent tous les progrès et de ce fait, nous fait perdre énormément de temps par la suite.

Nous voulons tous aller plus vite que notre ombre.

Tout de suite, ici et maintenant.

Nous voudrions pouvoir jouer instantanément de la guitare.

Sauf que nous ne sommes pas dans Matrix, il ne suffit pas de télécharger cette compétence guitaristique pour l’avoir en un clic.

C’est le culte de l’immédiateté, de la satisfaction immédiate qui se répand comme un fléau, phénomène qui s’amplifie d’ailleurs avec les nouvelles technologies.

Si veux aller trop vite, voilà ce qui va se passer :

  • Tu vas essayer
  • Faire des erreurs
  • T’embrouiller
  • Recommencer, recommencer, recommencer encore, toujours aussi vite
  • Et avant que tu n’aies pu dire ouf, tu auras appris à ton corps à jouer parfaitement, mais parfaitement avec des erreurs.

C’est pour cette raison qu’au début, il faut prendre son temps et jouer lentement.

Apprendre la guitare n’est pas une course de vitesse. Ce n’est pas une compétition. Ton seul adversaire, c’est toi et tes habitudes. Car apprendre la guitare, c’est prendre de nouvelles habitudes et le cerveau résiste au changement quand ça le fait sortir de sa zone de confort.

Comment travailler sa vitesse ?

La bonne façon de s'entraîner, c’est d’aller lentement, de décomposer chaque mouvement.

Force-toi au début à :

  • Jouer le plus lentement possible, en pleine conscience de chaque mouvement
  • Ne jamais dépasser un tempo de 60 en noire, avant d’augmenter progressivement
  • Diviser le tempo par 2 lorsque tu fais une erreur (cela te forcera à ralentir et à reprendre le contrôle)
  • Faire les choses correctement, sans erreur, lentement (tu pourras augmenter la vitesse ensuite)

Cela peut sembler être une évidence, mais c’est très important.

Tu as peut-être déjà vécu cette situation dans laquelle tu essayes d’apprendre une nouvelle technique ou un nouveau plan à la guitare parce que tu l’as vu faire par un de tes groupes préférés.

C’était super, ça allait super vite et tu as essayé de reproduire la même chose sans te soucier du temps qu’il faut pour l’acquérir, alors tu es allé vite oui, en prenant sûrement quelques raccourcis 😉 et au final tu as obtenu quelque chose de rapide mais qui ressemblait plus à une bouillie auditive qu’à une suite de notes maîtrisée.

Alors rapidement tu t’es peut-être dis que tu étais nul et que tu n’y arriveras jamais, tu t’es découragé et tu as fini par laisser tomber.

Tu t’es dévalorisé et tu n’as pas pu surmonter cette limite parce que tu as tout simplement voulu aller trop vite !

Lorsque tu apprends une nouvelle technique, tu peux commencer à l’apprendre sur des plans moins difficiles dans un premier temps.

Tu peux décomposer le plan et surtout le jouer beaucoup plus lentement, pour que tu puisses y arriver.

Oui, tu peux arriver à jouer cette technique ou ce plan, même si ce n’est pas encore à la vitesse voulue, tu as réussi.

Ensuite, il faudra une bonne dose de pratique pour la maîtriser et alors seulement tu pourras l’accélérer, quand cette technique sera acquise pour toi.

Cela est aussi valable pour les accords, les rythmiques, etc…

Apprendre à se détendre

On va faire une petite expérience pour que tu comprennes bien de quoi je veux parler.

  • Joue sur n’importe quelle corde les cases 1,2,3,4 avec tes 4 doigts de la main gauche (ou la main droite si tu es gaucher). Cela revient à appuyer chaque doigt une fois dans leur case respective
  • Commence doucement
  • Puis accélère progressivement
  • Accélère
  • Accélère jusqu’à atteindre ta vitesse maximale
  • Là arrête tout, fige ton corps et essaye de prendre conscience des tensions dans ton biceps, tes épaules, tes mains, bras, doigts, … si tu es très tendu, tu auras peut-être même arrêté de respirer 😉

Et bien pour aller vite, c’est ce phénomène que tu vas devoir apprendre à combattre et contrôler.

Fais vraiment cette expérience et dis-moi dans les commentaires au bas de l’article, ce que ce que tu as ressenti et comment tu as réagi quand tu as augmenté ta vitesse à la guitare.

Voici une vidéo de Cyrille pour travailler la vitesse :

Voici ce qu'il faut retenir :

  1. Commence par jouer lentement
  2. Essaye d’identifier si tu as des tensions
  3. Détendre les tensions que tu as observé
  4. Joue le plan que tu souhaite jouer lentement tout en restant détendu
  5. Si tu arrives à le jouer en boucle en tenant 2 minutes au tempo préalablement choisi, alors tu pourras augmenter le tempo un tout petit peu et recommencer jusqu’à atteindre le tempo souhaité
  6. Si tu n’y arrives pas et que tu bloques quelques part, il te faudra identifier quels sont les passages qui coincent, analyser quelles sont les tensions qui sont présentes à ce moment-là et rejouer en revenant à un tempo plus lent en réessayant sans ces tensions, puis continuer le process en augmentant progressivement

Si tu prends le temps d’aller suffisamment lentement et de bien tout décomposer, tu te rendras compte par toi-même qu’il n’y a rien que tu ne saches pas faire.

Ce que tu ne sais pas (encore) faire, c’est de tout enchaîner rapidement et jouer très vite.

C’est ce qu’on va voir dans les paragraphes qui suivent.

Comment synchroniser main droite et main gauche

Le manque de synchronisation entre la main droite et la main gauche, c'est jouer les cordes à la main droite avec ta main gauche qui n’arrive pas à suivre.

Tu connais ça?

Rassure-toi, c’est normal au début et nous sommes tous passés par là.

La synchronisation est ce qui pose souvent le plus de problèmes aux guitaristes.

Jouer vite sur une corde à vide en allers-retours à la main droite c’est une chose, mais lorsqu’il faut jouer une série de notes plus complexe avec en plus des changements de cordes, c’est souvent là que ça se complique…

Travailler la synchronisation des 2 mains est une des clés pour améliorer sa vitesse.

Comment travailler sa synchronisation ?

Si la main droite et la main gauche ne sont pas synchronisées lorsque tu joues un plan :

  • Commence par le jouer plus lentement
  • Identifie le bon moment pour poser le doigt de la main gauche sur la case qu’il doit jouer au moment exact où le médiator joue la corde.
  • Il est parfois important de prendre le temps de se poser un peu pour analyser et bien comprendre ce qu’on a à faire.
  • Ce que tu es en train de travailler à ce moment-là, c’est ton intention de jouer en synchronisant tes 2 mains et tu t’es précisément concentré à cette fin.

La méthode pour améliorer sa vitesse

Mais alors que faire si je n’arrive pas à jouer le solo de mon guitar hero préféré, me diras-tu?

Il y a plusieurs étapes à réaliser pour y parvenir.

La vitesse vient naturellement, mais il faut d’abord savoir marcher avant de savoir courir !

Pour apprendre la guitare, c’est pareil.

Il faut respecter les étapes naturelles et accepter de commencer doucement.

Quand un enfant tombe, il ne se dit pas, je suis nul, je ne saurais jamais marcher.

NON, jamais de la vie.

Il tombe, n’y attache aucune importance et réessaye.

Pourtant, une fois adulte ou ado, nous changeons complètement cette façon de faire.

Quand un adulte tombe, il se dit, je suis complètement nul, je n’y arriverai jamais.

C’est archi-faux de se dire ça et cela cause bien des peines.

Tu n’es pas nul, tu n’es pas mauvais. Tu es simplement débutant.

C’est normal de ne pas réussir du premier coup, c’est normal de se tromper et c’est normal de faire des erreurs.

En persévérant, tu en feras de moins en moins, et qui sait, à force d’entraînement, tu joueras peut-être comme Eddie Van Halen.

La condition primordiale pour réussir, c’est d’être parfaitement détendu et relâché.

Il ne doit pas y avoir de tensions, ni dans tes épaules, ni dans ta nuque, ni dans ta mâchoire, ni dans ton avant-bras, ni dans ta main…

Ce qui fait que cela semble facile lorsqu’on regarde certains virtuoses, c’est justement parce qu’ils ont su allier la détente à la rapidité, ils sont extrêmement relâchés, ce qui rend leurs mouvements gracieux et fluides.

Il est important de tendre vers cela lorsqu’on souhaite atteindre des objectifs de vitesse à la guitare.

Étape 1 : ralentir drastiquement le tempo

En effet, ralentir le tempo te permettra de prendre du recul sur ce que tu fais et d’identifier quelles sont tes erreurs (de synchronisation par exemple)

Étape 2 : décomposer et isoler les différentes parties

Si tu joues le solo en entier mais que c’est bourré d’erreurs de placement rythmique, de passages trop rapides pour toi, arrête-toi un instant et décompose les différentes parties du solo.

Commence par travailler la 1ère partie du solo ou le 1er plan, ou encore la 1ère mesure ou tout simplement les 4-5 premières notes.

Travaille-les lentement et veille à ce que ces notes soient bien en place rythmiquement par la suite en t’aidant d’un métronome, à tempo lent dans un premier temps, puis augmente le tempo progressivement. 

Étape 3 : augmenter le tempo

Une fois que ton premier plan est bien en place et que tes 2 mains sont bien synchronisées sur ce plan, augmente le tempo progressivement.

Concentre-toi à bien faire passer ce plan jusqu’à arriver au tempo souhaité. 

Étape 4 : travail du plan suivant

Travaille ensuite le plan suivant, tout d’abord indépendamment à un tempo lent, puis en augmentant le tempo progressivement comme vu dans les étapes précédentes.

Étape 5 : combiner les plans

Une fois que ton 2ème plan est en place au tempo souhaité, essaye maintenant de ne jouer que ces 2 premiers plans au tempo réel, car il va maintenant falloir travailler l’enchaînement de ces 2 plans.

Tu te rendras compte par toi-même que certains plans te demanderont beaucoup plus de temps de travail que d’autres, c’est normal et c’est justement en travaillant sur ces points faibles précisément que tu arriveras à surmonter tes blocages en vitesse.

Étape 6 : procéder ainsi en rajoutant le 3ème plan et ainsi de suite

La solution c’est de rendre le plan le plus facile possible pour que tu ne puisses pas le rater ! 

Il est possible de rentrer encore davantage dans le détail pour les plans faisant intervenir une succession d’un grand nombre de notes.

Dans ce cas, reprends les différentes étapes citées mais ne décompose pas en plans mais en note à note, c’est-à-dire que tu ne rajouteras qu’une note à la fois.

Puis continue, jusqu’à ce que tu arrives à jouer le plan en entier.

Il est important de bien effectuer cette méthode depuis le début pas à pas et ne pas vouloir alors trop vite trop tôt.

Au début, il sera important de garder un tempo suffisamment lent pour que le plan soit facile pour toi.

La vitesse viendra après, car c’est en travaillant lentement que tu travailleras ta synchronisation et que la vitesse sera possible.

Rappelle-toi ce que j’ai noté plus haut : il faut d’abord savoir marcher avant de savoir courir. 

Les techniques pour améliorer sa vitesse

Pour augmenter sa vitesse il faudra avoir une bonne synchronisation des 2 mains et la travailler comme indiqué précédemment.

Ensuite, il va falloir stimuler les réactions musculaires.

Ce que l’on veut, c’est augmenter la vitesse de réaction des muscles.

Oui mais comment on fait ça?

Simplement augmenter notre vitesse de marche ne nous fait pas courir pour autant, cela nous fait faire de la marche rapide !

Pourquoi ?

Parce que nos mouvements ne sont pas les mêmes. Lorsque l’on court, on propulse notre corps à l’aide de nos pieds.

Pour apprendre à courir il faut donc courir !

Au départ on ne peut pas courir très longtemps, ni sur une longue distance, nous n’en sommes pas capable et c’est normal, mais nous serons déjà plus rapide qu’en marchant et on commencera à développer des réflexes propres à ce type d’effort dont nous avons besoin pour courir.

Quand on développe notre vitesse, le process est le même :

  • Jouer lentement est essentiel pour développer la précision, le timing et la mémoire musculaire.
  • Jouer vite est indispensable pour améliorer ton endurance, tes réflexes et ta vitesse.

Pour développer ces dernières qualités, certaines difficultés vont survenir...plus tu vas jouer vite, plus tu vas avoir de mal à garder ta précision et ton endurance.

La solution est alors de procéder de manière fractionnée en faisant des petites phases de sprint et des petites phases de repos.

Voici la marche à suivre :

  • Joue seulement un passage, une mesure ou les 4-5 premières notes de manières très rapide (en mode “sprint”) à un tempo élevé
  • Laisse-toi ensuite le temps d’une mesure pour souffler un peu
  • Puis recommence le sprint

Ces petites phases de sprint te feront ressentir la sensation de vitesse et stimuleront ton système nerveux pour développer ta vitesse.

Ainsi, faire des sprints courts augmentera tes chances de réussir tout en réduisant les risques d’erreurs et te permettra de te reposer entre chaque phase.

Cependant, pratiquer ces sprints ne te dispense pas de jouer à tempo lent pour travailler ta précision et ton placement rythmique en amont !

Ce n’est donc pas une technique ou l’autre qu’il faut pratiquer mais bien le travailler à tempo lent en premier, puis les sprints en second.

Ce sont deux techniques complémentaires qui sont toutes deux nécessaires si tu souhaites dépasser tes blocages en termes de vitesse.

Le legato

Le legato fait partie des techniques que l’on peut utiliser pour jouer vite.

Le principe est de ne pas attaquer chaque note avec le médiator ce qui fait perdre du temps pour jouer une suite de note rapide sur une même corde.

On va alors se servir de techniques de jeu comme le hammer-on et le pull-of pour optimiser le débit de note joué.

Je te propose d’aller lire cet article sur le legato qui détaille bien ces techniques.

Le Tremolo Picking

Cette technique consiste à bouger sa main très vite en aller-retour comme une sorte de “tremblement” mais un tremblement régulier.

Pour cela, on va donc faire trembler sa main.

Pour ce faire il ne faut pas qu’elle repose sur la guitare.

Cyrille te montre comment faire dans la vidéo située plus haut dans cet article.

Le Sweeping

C’est une technique très utilisée par les shredders depuis les années 80 et qui se voit beaucoup dans la musique de type métal. 

Le principe du sweeping est de balayer les cordes avec le médiator de haut en bas de la 6ème à la 1ère corde (ou dans l’autre sens), tout en jouant les notes avec la main gauche.

Il s’agit souvent d’arpèges qui sont joués en sweeping.

Cette technique demande une excellente synchronicité entre la vitesse de descente du médiator à la main droite et les notes à appuyer sur les cordes à la main gauche.

Ainsi, il est possible d’atteindre des vitesses parfois impressionnantes.

Pour cela il faudra également incliner le médiator à 45°.

Si le métal t’intéresse et que tu souhaites développer ce style, je t’invite à découvrir le cours Le Métal dans la Peau.

Pour t’initier au Sweeping tu peux jouer le plan de Keith Richards (guitariste des Rolling Stones) expliqué par Cyrille dans cette vidéo : 

Jouer un plan dans le style Shred (niveau avancé)

Pour te faire plaisir tout de suite si tu as déjà une certaine coordination main droite - main gauche et que tu as un bon niveau à la guitare, tu peux essayer de jouer ce plan proposé par Cyrille pour jouer dans le style Shred à la guitare : 

Ou encore ce plan du grand Yngwie Malmsteen :

Les 7 idées reçues concernant la vitesse

La plupart des guitaristes se posent des questions concernant le travail de la vitesse à plusieurs étapes de leur parcours.

Ils sont parfois découragés, parfois perplexes quant à leur capacité à gagner de la vitesse dans leur jeu de guitare.

Et souvent les doutes et les interrogations sont basés sur des idées reçues qui ne sont pas toujours fondées.

Nous allons donc parler de 7 idées reçues.

7 mythes concernant la vitesse à la guitare qui bloquent beaucoup de guitaristes dans leur progression.


Idée reçue n° 1 : « La vitesse est ce qu’il y a de plus difficile à travailler à la guitare »

Il est vrai que lorsqu’on débute, une fois les bases assimilées, la vitesse des morceaux semble être ce qui représente l’un des plus gros obstacles.

La vitesse est quelque chose de mesurable.

En effet, il est facile de mesurer ses progrès en termes de vitesse à la guitare avec un simple métronome (il est beaucoup plus difficile de contrôler les progrès de notre oreille musicale de manière empirique par exemple).

De cette façon, on peut se fixer des objectifs concrets de tempo à atteindre.

Cela nous permet d’avoir des objectifs clairs, on sait exactement où on veut aller.

Idée reçue n° 2 : « Je ne veux pas être un guitar hero donc je n’ai pas besoin de travailler la vitesse »

Il est vrai que la réputation de certains guitaristes célèbres est basée sur leur vitesse de jeu et sur leur capacité à impressionner d’autres guitaristes par leur virtuosité.

Au-delà de ce contexte un peu « compétitif » dont l’état d’esprit peut ressembler plus à une discipline sportive qu’à une discipline artistique, la vitesse permet aussi d’apporter une fluidité et une détente inégalées dans son jeu de guitare.

Si tu es capable de soulever un poids de 50kg, porter 20kg te semblera relativement aisé, tu seras détendu et tu limiteras les risques de te casser le dos.

A l’inverse, si 25kg est le maximum que tu puisses soulever, porter 20kg sera déjà une performance pour toi et tu ne seras pas vraiment à l’aise.

Il en va de même pour la vitesse à la guitare.

La vitesse de pointe importe peu, mais elle peut aider à déterminer quelle est la vitesse maximale au-delà de laquelle tu perds en fluidité, en souplesse et en détente.

Ceci est vrai quel que soit ton niveau, tes ambitions ou tes styles de musique de prédilection.

Idée reçue n° 3 : « Pour devenir un bon guitariste, il faut savoir jouer à 200 bpm »

Encore une fois, ce genre d’idées reçues ne fonctionne que si on raisonne dans une optique de performance ou de compétition.

Or, il y a énormément de compétences complémentaires qui entrent en ligne de compte pour définir un « bon guitariste ».

La vitesse n’est que l’un de ces paramètres et elle est d’ailleurs loin d’être une priorité.

Il y a d’excellents guitaristes qui ne sont pas capables de jouer très vite et à l’inverse, on trouve des guitaristes qui sont capables de jouer à toute vitesse sans que ça fasse d’eux de « bons guitaristes », parce qu’ils ont développé cette compétence au détriment d’autres toutes aussi importantes.

Le temps qu’ils ont passé à travailler la vitesse et à s’y perfectionner les ont coupé de tout autre travail sur leur guitare.

C’est comme pour tout, lorsque l’on veut atteindre un objectif, il faut clairement déterminer quel est notre objectif et rester focus sur celui-ci.

Si c’est la vitesse que l’on a comme objectif, on va utiliser tout notre temps et notre énergie à obtenir ce résultat.

Il est donc important dans ton parcours de déterminer quel est ton objectif et de te concentrer dessus pour y parvenir.

Idée reçue n° 4 : « Travailler la vitesse, ça n’est utile que pour les solos, pas pour l’accompagnement »

Même si on associe souvent la vitesse avec les solistes, il existe de nombreux morceaux et de nombreux styles de musique qui demandent d’être capable d’atteindre une certaine vitesse pour pouvoir jouer les rythmiques ou les parties d’accompagnement.

Donc même si la vitesse d’une rythmique ou la vitesse d’un solo se travaillent différemment, l’intérêt de ce travail pour gagner en souplesse, en fluidité, en expressivité ou en détente est tout aussi important.

Idée reçue n° 5 : « Pour gagner en vitesse, il suffit de travailler au métronome »

Je conseille souvent l’utilisation du métronome parce qu’il s’agit d’un outil très intéressant, qui permet notamment de prendre du recul sur notre interprétation sans laisser notre perception du rythme ou du tempo être déformée par nos difficultés ou nos facilités sur un passage d’un morceau.

Le métronome apporte également des repères chiffrés concrets permettant éventuellement de mesurer notre progression lors du travail d’un exercice ou d’un morceau.

Mais ce travail au métronome peut aussi être un piège puisqu’il nous incite à nous focaliser sur la performance au détriment d’autres qualités plus importantes.

Par exemple, admettons que l’on travaille un morceau à 100 battements par minutes, puis que l’on fasse progressivement évoluer le tempo jusqu’à atteindre 120 battements par minutes (à ce sujet, il y a un métronome gratuit qui permet de faire évoluer le tempo de manière automatique, afin de pouvoir se concentrer sur son instrument).

Le fait d’avoir atteint 120 battements par minutes nous fera peut-être penser que l’on a beaucoup progressé puisqu’on est passé de 100 à 120.

Mais en se concentrant uniquement sur ce chiffre, on risque de ne même pas remarquer que l’on a perdu en précision rythmique, en souplesse, en expressivité ou en détente.

Or, peut-être qu’à partir de 105 battements par minute, on avait déjà commencé à perdre ces éléments, mais en se concentrant sur les chiffres, on a continué jusqu’à 120, pensant avoir fait un progrès extraordinaire.

Le métronome est donc un outil très intéressant pour travailler la vitesse, à condition de ne pas trop se focaliser dessus et de prendre conscience de tous les autres éléments à prendre en compte.

Idée reçue n° 6 : « La vitesse entre en conflit avec l’expressivité et la musicalité »

Le combat entre les guitaristes qui jouent vite et les guitaristes qui mettent leurs émotions dans leur interprétation est un débat sans fin qui n’a en fait aucun intérêt.

Ce sont des choses différentes sur le plan guitaristique et musical qui peuvent très bien ne pas entrer en conflit.

Cela entre en conflit si on joue vite sans respecter les points énoncés plus haut.

Par exemple en jouant vite juste pour jouer vite et en perdant ainsi en qualité de jeu, en rythme et en précision.

La vitesse et la musicalité sont également deux éléments qui peuvent se travailler individuellement et qui n’ont pas de lien direct.

Il est possible de produire des choses très musicales tout en allant vite à partir du moment où la vitesse ne prend pas le pas sur la qualité de ce qui est joué, que c’est propre et bien exécuté.

Ces 2 éléments peuvent donc très bien être complémentaires.

On peut également avoir une certaine expressivité même lorsque l’on parle vite, dans l’intonation que l’on met dans notre voix et donc l’intensité, la façon dont on attaque les cordes (plus ou moins fort) pour accentuer certaines notes même en allant vite.

Parfois la vitesse a peut-être moins sa place dans certaines situations ou conditions (certains morceaux ou passages ne s’y prêtent pas forcément) que la musicalité, mais ce n’est pas pour autant que cela justifie de vouloir opposer les deux.

Idée reçue n° 7 :« La vitesse s’acquiert en jouant lentement et en étant patient »

Cela est vrai, à condition que l’on ne mise pas tout là-dessus.

C’est une condition très importante certes, mais comme vu plus haut dans notre article, cela ne suffit pas si l’on veut atteindre des vitesses supérieures et atteindre les résultats escomptés.

La patience, la persévérance, et le fait d’accepter d’avancer progressivement sans brûler les étapes sont importants.

Mais pour progresser, il y a forcément un moment où on doit dépasser ses limites.

Or, ce n’est pas en restant dans sa zone de confort que l’on peut dépasser ces limites.

Il faut savoir se mettre en difficulté et pratiquer ses exercices à des tempos auxquels on va perdre notre aisance, qui vont demander plus de concentration et de souplesse.

Sans pour autant s’aventurer sur des tempos encore hors d’atteinte, il est donc important de tenter d’aller légèrement au-delà de ce dont on se sent capable.

Ça ne fonctionnera évidemment pas du premier coup, mais si l’on parvient à conserver sa motivation malgré ça, c’est le meilleur moyen de progresser et de gagner en vitesse dans son jeu de guitare.

Comment les tensions limitent tes progrès

As-tu déjà remarqué que tu étais tendu quand tu jouais de la guitare ?

As-tu déjà été tellement crispé que tu as été obligé de faire une pause et de secouer tes doigts pour les détendre ?

As-tu déjà eu mal au dos, aux épaules, au bras après avoir joué de la guitare ?

T’es-tu déjà blessé en jouant trop ?

Si oui, ce qui va suivre devrait t’intéresser…

Comment sont créées les tensions quand nous jouons de la guitare ?

Quand on joue de la guitare, on met en jeu nos muscles.

Ce sont eux qui, par des contractions et des relâchements, vont permettre à nos doigts de bouger et de produire les notes.

Lors de la contraction du muscle, celui-ci va se raccourcir, puis tirer sur les tendons qui à leur tour vont tirer sur les os, les faisant se déplacer les uns par rapport aux autres.

C’est ce qui va produire le mouvement de la partie du corps concernée.

Voilà en résumé comment fonctionnent tous les muscles du corps et comment nous pouvons créer un mouvement.

Nous allons maintenant essayer de comprendre quel est le mécanisme responsable de la création des tensions.

On va faire une petite expérience pour identifier tout ça et le ressentir :

Tends ton bras gauche devant toi, ramène maintenant ta main vers toi en pliant le bras.

Maintenant, on va essayer de contracter le biceps et déplier le bras pour le ramener dans la position de tout à l’heure avec le bras tendu.

Effectuer ce geste en ayant le biceps tendu est plus difficile n’est-ce pas?

Il se produit aussi ce type de phénomène lorsque tu joues de la guitare : si tu es tendu, d’autres parties de ton corps seront plus difficiles à faire bouger.

Avec l’exemple du biceps, c’est facile, car nous sommes habitués à le contrôler.

Mais avec les muscles mis en jeu pour jouer de la guitare, c’est une tout autre histoire.

Nous ne sommes pas habitués à les contrôler et lorsqu’ils vont recevoir un ordre du cerveau, ils ne sauront pas quoi faire.

Ils ne sauront pas quel muscle doit se contracter, lequel doit se relâcher, et ils risquent fort de faire n’importe quoi et créer des tensions. 

Ces tensions sont moins flagrantes qu’avec l’exercice du biceps, mais elles sont bien présentes et si on n’y fait pas attention, elles vont s’installer et venir gangrener notre jeu.

Comment faire pour lutter contre ces tensions ?

Tout l’enjeu de l’apprentissage de la guitare est là : c’est d’apprendre à ses muscles à fonctionner de manière détendue.

Un bon guitariste a appris à surmonter les tensions, et joue sans tension.

D’ailleurs, si on regarde les guitaristes qui ont un très bon niveau à la guitare, ça a l’air facile en les voyant.

En réalité, pour eux, ça l’est.

Et leur secret, c’est qu’ils se sont débarrassés des tensions néfastes.

Pour se débarrasser des tensions, il convient de suivre plusieurs étapes :

1.    Prendre conscience des tensions

2.    Travailler très lentement pour rééduquer vos muscles à fonctionner sans tension

3.    Accélérer progressivement

4.    Prendre conscience de nouvelles tensions

5.    Recommencer

Et oui, c’est un processus itératif.

C’est normal de développer des tensions et tous les guitaristes y sont confrontés.

Pour certains, les tensions arrivent dès le premier accord, à la main droite et à la main gauche.

Pour d’autres, il faut qu’ils jouent à des tempos endiablés pour commencer à ressentir les effets des tensions (c’est d’ailleurs ces tensions qui limitent leur vitesse).

Donc, pour tous, voici la marche à suivre :

  1. Prendre conscience des tensions

Tu ne pourras prendre conscience des tensions qui limitent tes progrès que si tu sais qu’elles existent.

Il faudra donc te concentrer et y être attentif.

Pour cela, commence à jouer, puis, petit à petit déplace ton attention, sur les muscles de ton dos, ton bras, tes doigts, ta mâchoire, …

Une fois que tu as détecté une tension, il va falloir la faire diminuer.

  1. Rééduquer ses muscles pour limiter les tensions


Pour diminuer les tensions, il faut travailler très très très lentement.

Le but, c’est de décomposer le mouvement suffisamment lentement, pour que tu aies toujours le contrôle.

Tu dois pouvoir consciemment dire à ton corps “détend ce muscle, relâche celui-là, …”

C’est très frustrant de travailler lentement, mais c’est le secret pour ensuite aller vite.

  1. Accélérer le mouvement

La troisième étape, c'est d'accélérer très progressivement le mouvement tout en gardant le même niveau de contrôle et de relâchement sur tes muscles.

À un moment, ça va bloquer de nouveau.

Lorsque ce moment arrivera, il faudra revenir un peu en arrière et recommencer.

Je t’invite également à aller voir si ce n’est pas encore fait, l’article pour travailler sa coordination, sa dextérité et sa souplesse, qui pour moi est à aller voir avant celui-ci.

Tu pourras y voir des éléments importants qui vont être complémentaires et également nécessaires dans le cadre du travail de la vitesse, comme la partie sur la position des doigts de la main gauche.

Conclusion

Ces conseils te seront sûrement utiles dans ton parcours de guitariste.

Maintenant que tu sais détecter tes tensions, tu te surprendras peut-être à identifier les tensions que tu ressens pour d’autres de tes activités (c’est un très bon exercice d’ailleurs).

Si tu souhaites repousser tes limites et développer ta vitesse et que tu as besoin d’être guidé, je te recommande le cours Legato, Picking, Vitesse.

Maryline de MyGuitare

Maryline accompagne les MyGuitaristes dans leur parcours à la guitare en partageant nos valeurs pédagogiques, notre bienveillance et la bonne humeur générale !

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Intermédiaire

Ce cours d'introduction au Métal te permettra de maîtriser les techniques de base et de découvrir ce style.

Dextérité Coordination Vitesse

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Débutant

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