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Apprendre à Improviser

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L’improvisation représente pour beaucoup de musiciens un rêve, un but ultime, synonyme d’accomplissement musical, parfois au point même de ne pas oser en rêver, de ne pas s’en sentir un jour capable, de ne pas s’y projeter. 

Pourtant l’improvisation s’apprend bel et bien.

La vidéo de Cyrille sur l’introduction à l’improvisation est si bien argumentée que je vais reprendre ici son parallèle très pertinent entre l’improvisation à la guitare et le langage parlé.

En effet, on peut dire qu’improviser avec sa guitare serait comme “apprendre à parler avec sa guitare”. Je trouve la métaphore vraiment très bien trouvée pour faire comprendre à nos MyGuitaristes qui ne le réalisent pas encore forcément, le temps et la patience que cette nouvelle discipline demandera. 

Mais quand on y pense, c’est vrai qu’apprendre à parler nous a pris quelques années, avant de bien prononcer les mots, avant de dire des choses qui ont du sens. Et encore, on peut progresser tout au long de la vie dans ce domaine, par l’habitude de s’exprimer, par la culture, les connaissances…  exactement comme en guitare !

Apprendre à improviser en utilisant la bonne langue

(utiliser la bonne tonalité) 

Bien sûr, la toute première étape consistera à adapter le bon langage au support musical, comme utiliser la bonne langue selon le pays.

Cela demande d’utiliser la bonne gamme (les bonnes notes) en fonction de la tonalité du passage sur lequel on veut improviser.

En général pour commencer d’une façon simple et représentative du jeu de guitare, il vaut mieux choisir la gamme pentatonique mineure et savoir dans quelle tonalité le support demande de l’utiliser.

Pour ça, la connaissance théorique d’harmonie (les 7 degrés de la gamme de Do Majeur) peut aider pour réussir à déterminer la tonalité du morceau en fonction des accords de l’accompagnement.

Improviser en travaillant son oreille

Malgré ce moyen, il faut toujours écouter ce que l’on fait en essayant de valider à l’oreille que les notes de la gamme sonnent bien, si possible en réussissant à les chanter en même temps qu’on les joue sur la guitare et par-dessus l’accompagnement. 

Certaines personnes sont capables grâce à une bonne oreille, de trouver la bonne tonalité, c’est un plus.

La guitare permet aussi d’utiliser la piste visuelle pour être sûr d’utiliser la bonne gamme, le bon schéma, il y aura donc aussi ce moyen pour valider le choix des notes en complément de l’oreille

Cette première étape consiste donc surtout à savoir se repérer :

  • Parvenir à trouver tout seul la tonalité
  • Retrouver sur la guitare la ou les bonnes position(s) de la bonne gamme
  • Commencer à jouer les notes de la gamme sur l’accompagnement en question, en les écoutant
  • Les chanter pour s’assurer d’être dans le ton.

Un travail technique isolé pour la pratique des gammes sera nécessaire en complément pour fluidifier le jeu, permettre de bien jouer ces notes. Si tu veux tout savoir sur les gammes et les mettre en pratique, tu peux aller voir notre Superguide sur les Gammes.

Apprendre à dire des choses cohérentes

(se faire comprendre)

L’étape de repérage étant franchie, c’est le moment de commencer à dire nos premiers mots, répéter nos premières phrases pour commencer à pratiquer ce nouveau langage.

Sur la guitare, cela va consister pour l’instant à reproduire un “plan”(figure guitaristique toute faite), une phrase, et petit à petit être capable de jouer tout un solo appris par coeur.

Cette étape n’est pas encore de l’improvisation, mais elle est techniquement très formatrice, permettant de progresser sur le placement rythmique des notes, la durée des notes, la justesse des bends, la bonne coordination des hammers, des pull-offs et des slides, sur la fluidité et lisibilité du jeu mélodique dans son ensemble. 

Étape donc très utile pour la suite car en plus de tous les progrès techniques qu’elle apporte, elle permet de mieux ressentir son instrument, mieux le connaître et à force de pratique de commencer à deviner les notes à l’oreille, ce qui sera très précieux.

Il est important de ne pas rester à cette étape.

Je le précise car beaucoup de personnes n’osent pas vraiment s’essayer à l’improvisation, partant du principe qu’elles n’auront pas d’idées assez bonnes à proposer. Ce serait dommage de ne pas aller à la prochaine étape qui concerne en fait le vrai sens du mot "improvisation’".

Apprendre à improviser prend du temps

Cyrille indique et préconise environ 6 mois/1 an du cours “Le Solo dans la peau” avant de commencer à improviser.

Pour l’instant nous avons analysé, repris, compris, voire ressenti les impros, les solos d’autres guitaristes et c’est très bien, il fallait passer par là, mais c’est maintenant que les choses commencent réellement … 

Apprendre à dire des choses pertinentes (écrire ou improviser son propre discours)

Nous avons donc appris à prononcer des phrases en les comprenant et en les ressentant.

À présent, nous devrions être capables d’écrire nos propres phrases, nos propres discours et surtout de décider de ce que l’on a envie de dire selon le sujet (le support, l’accompagnement).

Faire confiance à sa créativité

Cette envie d’improviser devra absolument réveiller notre créativité.

Malgré tout, il est clair qu’au tout début les idées ne seront pas toujours très originales ni novatrices, mais tout viendra au fil de la pratique, surtout en s’écoutant jouer ou en s’enregistrant pour se réécouter.

Petit à petit on travaillera notre sens de l’impro par le fait de savoir introduire un solo, le développer sur une certaine durée, savoir aussi le conclure.

On essaiera d’élaborer en parallèle de cet entraînement d’impro, un travail de recherche de “plans à soi”, de phrases plus ou moins recherchées…

On pourra aussi s’intéresser de plus près au support (harmonie/accords/modes) pour voir s’il n’y a pas quelques notes de couleurs, quelques notes modales ou quelques tensions à souligner en essayant de les placer à bon escient.

Les 3 types de solo possibles

J’ajoute ce chapitre pour distinguer les trois types de solos possibles.

Le Solo écrit

Parmi ces trois exemples, l’un n’est plus tout à fait en rapport avec l’improvisation au sens pur : Le solo écrit.

Comme son nom l’indique, c’est une composition mélodique créée en amont.

À ce sens, ce n’est plus de l’improvisation, mais elle peut avoir l’avantage d’être très riche, très pertinente, bien optimisée, super musicale et restituer l’identité forte d’un guitariste.

Certains diront peut-être “pfff tricherie !”, personnellement c’est souvent mes solos préférés…

L'improvisation partielle

L’improvisation partielle consisterait plutôt à calculer à l’avance les grandes lignes du solo : “Je compte commencer comme ça, puis à un moment il faut que je passe par là, et je compte finir avec ça, le reste c’est de l’impro“.

Cette façon de faire peut se défendre, elle reste encore sécurisante (moins peur de la page blanche, du manque d’inspiration) tout en laissant de la place à l’improvisation. Moi j’ai souvent fait plutôt ça sur scène.

L'improvisation pure

L’improvisation pure est plus impressionnante.

Elle demande une bonne habitude des jams pour savoir tout de suite se placer, s’inspirer, développer quelque chose “à l’improviste”, c’est vraiment le cas de le dire.

Discipline plus difficile à mon sens.

Malgré tout, on peut s’interroger sur le concept “d’impro pure” : à quel point on improvise les phrases quand on les joue ? Ne sont elles pas des phrases un peu toutes faites déjà jouées des centaines de fois, ou même des fragments de ces phrases?

Il est vrai que pour que ces tirades sortent bien il a bien fallu apprendre à les dire… Bref.

Oui il a fallu en amont travailler le phrasé et l’impro, mais le mérite reste immense chez ceux qui pratiquent l’improvisation pure (surtout quand ça sonne bien..)

La théorie est-elle indispensable pour improviser ?

Deux réponses à cette question :

  • Non : car le Blues a montré avec des guitaristes comme BB King que l’on peut se faire emporter par une impro de 4 minutes sur 4 notes sans jamais s’ennuyer. 
  • Oui : pour nourrir, enrichir ses phrases, gagner en pertinence harmonique.

Remarque : le savoir théorique doit rester un plus au service de la musicalité.

Il ne doit pas remplacer l’aspect sensitif.

Il faut toujours écouter ce que l’on fait, chanter ses phrases ou les chanter intérieurement, essayer de se mettre à la place de l’auditeur dans un souci de musicalité.

En tout cas essayer de mettre du sens dans cette prise de parole qu’est l’impro.

Voici d'ailleurs une vidéo de Cyrille qui parle du sujet :

Les vidéos gratuites pour apprendre à improviser

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Nous avons créé une playlist spéciale "Comment apprendre à improviser à la guitare" qui te donnera déjà de bons conseils pour t'essayer à tes premières impros !

Conclusion

Si l’on aime l’expression à la guitare, si le rêve d’improviser est là, c’est possible : Improviser peut s’apprendre. C’est possible pour tout guitariste patient et motivé. 

Après tout, on a tous commencé à parler un beau jour… (mais on ne se souvient plus du temps que ça nous a pris…)

Si tu veux apprendre à improviser étape par étape, nous avons créé un cours spécial : "L'improvisation dans la Peau" !

Jérôme de MyGuitare

Jérôme nous accompagne pour partager son expérience, ses découvertes et te donner les feedbacks dont tu as besoin.

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